Décembre approche, et avec lui revient la question de chaque automne, celle du menu. Certains tiennent à leurs classiques comme à un héritage, d’autres rêvent de renouveau, et la discussion s’éternise souvent autour de la table de la cuisine. Voici cinq plats qui méritent leur place cette année.
La bûche, un dessert devenu rituel
À l’origine, la bûche n’avait rien de comestible. Il s’agissait d’une grosse souche que l’on allumait la veille de Noël et que l’on rallumait chaque jour jusqu’à l’Épiphanie, dans l’espoir d’attirer une année prospère. Les pâtissiers ont fini par transposer ce rondin de bois en gâteau roulé, nappé de crème ou de ganache, et la version que l’on connaît ne s’est répandue partout en France qu’après la Seconde Guerre mondiale.
Réussir une bûche à la maison demande plus de patience que de génie. Le glaçage est la vraie épreuve, car il doit rester lisse sans s’affaisser. Pour l’étaler d’un geste régulier, certains passionnés s’aident d’un plateau tournant motorisé, même si une bonne spatule et un peu de sang-froid font déjà beaucoup. Reste le choix entre version pâtissière et version glacée, un débat sans fin que chaque famille tranche à sa façon.
Les treize desserts provençaux
En Provence, le repas de la veille de Noël, le « gros souper », se termine par treize desserts. Leurs premières traces remontent au XVIIe siècle, même si le nombre de treize ne s’est fixé que plus tard. On y croise des nougats blancs et noirs, des fruits frais ou secs, ainsi que les fameux mendiants, dont la composition varie d’une commune à l’autre. Tout cela se grignote pendant la veillée, jusqu’à la messe de minuit.
La pièce la plus attachante du lot reste la pompe à l’huile, une pâtisserie à l’huile d’olive qui sent déjà le sud avant même d’être cuite. Qui souhaite la préparer gagnera à rassembler du matériel de boulangerie patisserie, au moins pour travailler la pâte dans de bonnes conditions. Quant au reste de la table, rien n’oblige à respecter la liste à la lettre, car la coutume a toujours toléré les variantes.
Le foie gras, entrée de prestige
Peu de produits suscitent autant de ferveur, et autant de débats. En France, la loi le range dans le patrimoine culturel et gastronomique protégé, et le définit comme le foie d’un canard ou d’une oie spécialement engraissés par gavage. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas le Sud-Ouest qui en serait le berceau historique, mais l’Alsace.
Il se sert traditionnellement froid, en terrine, au réveillon de Noël comme à celui du 31 décembre. On le déguste aussi chaud, poêlé en escalope ou posé sur un tournedos, ce qui change complètement l’expérience. Les controverses sur son mode de production existent toujours, et personne ne reprochera à un hôte de composer son menu autrement.
Les huîtres, fraîcheur iodée
Sur la table des fêtes, l’huître garde une place à part. Les ostréiculteurs intensifient la récolte et le tri dès le mois de novembre, car cette période pèse lourd dans leur activité annuelle, et une part très importante de la production française se consomme autour des fêtes. Servie nature, elle se suffit à elle-même. Les amateurs de chaleur la préfèrent gratinée, ce qui adoucit son caractère.
Côté précautions, les producteurs ont renforcé leurs pratiques après un épisode sanitaire qui a marqué la profession, avec un passage prolongé des coquillages en bassins de purification avant la vente. Reste qu’un coquillage cru ne se choisit pas à la légère. Acheter auprès d’un professionnel identifiable et se tenir au courant des éventuelles alertes locales relève du simple bon sens, et les autorités sanitaires restent les mieux placées pour renseigner en cas de doute.
La dinde aux marrons
Plat de résistance par excellence dans de nombreux pays, la dinde de fête se farcit en France, en Belgique et au Royaume-Uni avec des marrons. L’Allemagne, elle, préfère l’oie. Cette habitude de servir une volaille au moment des fêtes est très ancienne, puisque l’oie, jadis, passait pour protéger celui qui la mangeait. La farce fait toute la différence, entre le moelleux des marrons et la touche de gras apportée par les abats ou le lard selon les recettes.
La cuisson ne supporte pas la précipitation. Une chaleur douce, un arrosage régulier avec le jus de cuisson et un repos sous un torchon avant la découpe garantissent une chair juteuse. Pommes de terre, potiron ou châtaignes complètent l’assiette sans l’alourdir. Pour ceux que la dinde lasse, la pintade et la poularde tiennent très bien leur rang.






